samedi 20 décembre 2025

A comme ... Adaptation nilotique

 

Pratique culturelle du début du Néolithique propre à la vallée du Nil

 

            Pendant huit millénaires, à partir de 14 000 environ, l’Egypte est à part dans les évolutions que connaissent toutes ses régions voisines.

            Au moment où la sécheresse gagne le quart nord-est de l’Afrique, les populations locales adoptent un mode de vie consistant à utiliser les ressources offertes par le Nil et ses variations (pêche, chasse et cueillette) ; ainsi elles ne souffrent jamais véritablement de manques, sauf en cas de crue insuffisante.

            « C’est ainsi que l’économie de prédation et de ponction évolua lentement vers une économie de gestion. […] L’Adaptation nilotique est donc une économie de ponction rationalisée, car pratiquée sur un espace restreint ne permettant plus le nomadisme de la période précédente » (B. Lugan). De l’eau du Nil « les premiers chasseurs ont tiré leur subsistance, jouissant des trésors offerts sans compter à ces poignées d’humains encore trop peu nombreux pour les épuiser tous. Mais, soumis aux fluctuations climatiques, ils connurent aussi les angoisses des paradis perdus… » (B. Midant-Reynes)

            Cette « Adaptation nilotique » expliquerait le retard pris par la région de la vallée du Nil en ce qui concerne la domestication des animaux et la mise en place de l’agriculture (néolithisation, appelée aussi parfois « révolution néolithique »), surtout si on la compare au Proche-Orient ou à la Mésopotamie. Il faut y ajouter la phase du « Nil sauvage » (vers 11 000, avec des épisodes réguliers pendant les millénaires suivants), marquée par d’énormes crues dévastatrices.

 

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