Pratique culturelle du
début du Néolithique propre à la vallée du Nil
Pendant huit millénaires, à partir
de 14 000 environ, l’Egypte est à part dans les évolutions que connaissent toutes
ses régions voisines.
Au moment où la sécheresse gagne le
quart nord-est de l’Afrique, les populations locales adoptent un mode de vie
consistant à utiliser les ressources offertes par le Nil et ses variations
(pêche, chasse et cueillette) ; ainsi elles ne souffrent jamais
véritablement de manques, sauf en cas de crue insuffisante.
« C’est ainsi que l’économie
de prédation et de ponction évolua lentement vers une économie de gestion. […]
L’Adaptation nilotique est donc une économie de ponction rationalisée, car
pratiquée sur un espace restreint ne permettant plus le nomadisme de la période
précédente » (B. Lugan). De l’eau du Nil « les premiers
chasseurs ont tiré leur subsistance, jouissant des trésors offerts sans compter
à ces poignées d’humains encore trop peu nombreux pour les épuiser tous. Mais,
soumis aux fluctuations climatiques, ils connurent aussi les angoisses des paradis
perdus… » (B. Midant-Reynes)
Cette « Adaptation
nilotique » expliquerait le retard pris par la région de la vallée du Nil
en ce qui concerne la domestication des animaux et la mise en place de l’agriculture
(néolithisation, appelée aussi parfois « révolution néolithique »),
surtout si on la compare au Proche-Orient ou à la Mésopotamie. Il faut y
ajouter la phase du « Nil sauvage » (vers 11 000, avec des épisodes
réguliers pendant les millénaires suivants), marquée par d’énormes crues
dévastatrices.
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