Egyptologue
britannique, « inventeur du prédynastique »
William Flinders Petrie (1853-1942)
se rend en Egypte pour la première fois en 1880, où il travaille notamment à
Gizeh. Par la suite, il mène plusieurs campagnes de fouilles, du nord au
sud : Tanis, Dahchour, Meïdoum, Amarna, Assouan, etc. Il met en place des
méthodes beaucoup plus « modernes » que celles qui étaient pratiquées
jusque-là.
L’année 1892 marque un tournant dans
sa carrière jusque-là souvent erratique : Petrie devient professeur de la
toute nouvelle chaire d’égyptologie à l’University College de Londres, dont le
financement est en grande partie lié à Amelia Edwards. Il aura dorénavant les
moyens financiers de ses ambitions.
A travers ses fouilles à Coptos, Petrie
s’intéresse notamment aux origines de l’Egypte pharaonique ; il propose
une théorie « raciale » selon laquelle les Egyptiens pharaoniques
seraient venus du Proche-Orient ou de la Mer Rouge ; la civilisation
égyptienne aurait donc une origine extérieure.
Face à Coptos, Petrie découvre (avec
J. E. Quibell) les sites de Nagada et Ballas en 1894, où il trouve dans les
tombes des éléments qui ne ressemblent en rien à ce qui était considéré comme
typiquement égyptien ; ceci le conforte dans sa thèse d’une « new
race » qui aurait conquis la région et n’aurait rien à voir avec la
civilisation pharaonique classique. Cependant, progressivement, il se rallie à
la thèse des archéologues qui voient dans cette « civilisation »
l’ancêtre de celle des pharaons (par exemple Jacques de Morgan): il s’agit
donc bien de sites qui étaient peuplées par une population préhistorique déjà
présente depuis longtemps sur le territoire…
Ses recherches suivantes sur le sujet, qui ne reprennent qu’en 1899, confirment qu’il ne faut rien chercher du côté d’une invasion étrangère, et il décide alors d’élaborer la chronologie relative de la préhistoire égyptienne en fonction du style des poteries découvertes (« Sequence Dates »). En parallèle, aux côtés de son épouse Hilda, il mène de grandes fouilles à Abydos et découvre les tombes des premiers pharaons, puis poursuit son œuvre très intense dans divers sites du delta et du Fayoum mais aussi près de Gizeh à nouveau.
La fin de sa vie après 1924 est
consacrée à des fouilles en Palestine, où il meurt de la malaria. William
Flinders Petrie laisse derrière lui un fonds immense de documents, qui
nécessitera des dizaines d’années avant d’être totalement inventorié et publié.
Source principale : Béatrix Midant-Reynes, « Flinders Petrie (1853-1942). L’inventeur du prédynastique », Archéo-Nil n°17, 2007




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