Concept qui critique l’importance accordée à la chronologie relative de Flinders Petrie
« Le temps n’est-il pas venu d’élaborer pour le
Prédynastique une chronologie compréhensible ? Et si l’on faisait table
rase du passé ? » (B. Midant-Reynes, Archéo-Nil,
« Conclusion : une chronologie renouvelée », 2011).
Un brin
provocatrice, Béatrix Midant-Reynes évoque la remise en cause actuelle
du modèle chronologique élaboré il y a 130 ans environ par William Flinders
Petrie et qui, malgré des révisions, continue de dominer la vision de la
chronologie relative du Prédynastique. Elle reprend le souhait d’E. Köhler en
introduction du même numéro : « avoir
le courage de changer, et de changer radicalement ».
« Pour
se convaincre du rôle fondamental des travaux de Petrie, il suffit de rappeler
que le terme ‘Petriefiableʼ renvoie à une notion de sériation idéale » (N.
Buchez). Or, de nombreux spécialistes du Prédynastique ont critiqué le schéma
fixé par le Britannique autour de 1900, certains en adaptant et en modernisant
ses catégories (par exemple Kaiser ou Hendrickx), d’autres évoquant sa
non-efficience lorsqu’il s’agit d’étudier le delta ou certaines zones
périphériques hors de la vallée du Nil. La référence à Nagada ou sa division en
trois phases sont-elles toujours pertinentes ? Le travail sur les seuls
cimetières permet-il d’embrasser toutes les évolutions ? « Il
apparaît que la chronologie de l’Egypte prédynastique est engluée depuis ses
origines dans une sorte de ʽPetrieficationʼ, qu’elle déplore mais dont elle
semble ne pas pouvoir se sortir » (B. Midant-Reynes).
W. Petrie incarnerait ainsi – malgré lui – une sorte de
statue du commandeur difficile mais peut-être indispensable à déboulonner pour
pouvoir avancer dans la vision chronologique du Prédynastique et de la
transition vers l’Egypte pharaonique.
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