Statues monumentales
En
janvier 1894, Flinders Petrie découvre les restes de trois statues dans le
temple de Coptos. Leur taille est imposante : entières, elles mesuraient
peut-être près de 4 mètres, pour un poids d’environ 2 tonnes. Elles ont été
datées d’environ 3 300 (transition Naqada II – III) ; ce sont les plus
anciens des grands objets sculptés de l’Egypte.
Les
« colosses de Coptos » représentent un personnage masculin nu, tenant
son sexe en érection : c’est une iconographie associée au dieu Min de la
période pharaonique, symbole de la virilité et de la fertilité (des signes liés
à Min sont d’ailleurs gravés sur deux des statues). Cependant, « le Min
prédynastique recrée une image de pouvoir per se, non subordonnée au
symbole qui couronne l’image canonique. Par conséquent, sur la base d’une
simple comparaison formelle, il convient de
conclure que le min représente par les colosses de Coptos visait à
recréer un archétype d’autorité » (Lucas Baqué-Manzano).
Les
statues nous indiquent la structure solide d’une communauté bien organisée et
puissante autour de Coptos, carrefour commercial majeur, et désireuse de
montrer cette puissance ; « il est juste de voir dans ces images prédynastiques
du dieu patron de Coptos l’un des exemples les plus remarquables de l’idéologie
du pouvoir loco-territorial, qui s’est probablement concrétisé dès le début de Nagada
II. De même, grâce aux colosses de Min, nous disposons d’une preuve irréfutable
des syncrétismes qui se manifestent dès les premières périodes de l’histoire égyptienne,
à la suite de contacts entre des populations émergentes, sédentarisées et
nomades, soumises à un processus d’acculturation croissant. Et enfin, l’importance
de Coptos dans le contexte économique, puisqu’il était considéré comme la porte
d’entrée de l’arrière-pays désertique d’où provenaient divers biens de
consommation » (Lucas Baqué-Manzano).

Inscriptions avec objets venus de la Mer Rouge
Les pièces des statues se trouvent aujourd’hui à
l’Ashmolean Museum (deux corps et une tête) et au musée du Caire (une paire de
jambes) ; la petite histoire raconte que le British Museum les a refusés
par pruderie, l’attitude des statues ne s’accordant pas avec les codes
victoriens de l’époque …
Source principale : Lucas
Baqué-Manzano, « Les colosses de Coptos: image préfigurant le dieu Min », Égypte,
Afrique & Orient (n°109)


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